Je déteste le silence.

Ok, détester c’est peut-être un peu fort, mais il me fallait un phrase d’accroche. Je ne hais pas le silence, mais il m’angoisse. Ça me donne une impression d’immobilité, de figé. Comme si le bruit était l’assurance du temps qui passe; le marqueur qui confirme que tout suit son cours.

J’écoute la radio toute la journée. Ou plutôt j’entends la radio toute la journée. Car à vrai dire une fois allumée je n’y fait plus attention. Je choisis d’entendre des stations généralistes, pas des stations musicales; les chansons ont trop de saveur auditive et me forcerai à les écouter.

Non, les émissions sur les films qui paraissent, ou les bulletins d’informations qui se répètent toutes les dix minutes sont beaucoup plus aptes à se confondre dans mes oreilles et à passer inaperçues par mon cerveau. Peut-être que c’est une manière de noyer un sens pour pouvoir se focaliser sur un autre? Un peu comme ces dîners dans le noir où on compense avec l’odorat et le goût.

Paolo

Une fois l’ouïe saturée, j’arrive mieux à me concentrer. Maintenant en écrivant ça je me rend compte que ça ressemble à un trader qui se “concentre mieux” après un rail de coke ou à cet ami qui conduit mieux après quelques bières. Le premier pas c’est de l’admettre c’est ça ? :-)

Même une fois mes écouteurs dévissés des oreilles, les occasions de silence complet sont rares. Il y a toujours une voiture qui passe, quelqu’un qui parle trop fort dans son téléphone dans le bus, ou plus sympa (mais plus rare) un oiseau qui chante.

Malgré tout ça; les gens avec qui je me sens le plus proche et le plus à l’aise, ce sont ceux avec qui les silences sont agréables. Avec qui on ne se sent plus obligés de faire une petite conversation de peur de les ennuyer. Pas seulement ceux avec qui la pression d’éviter les blancs a disparue, mais ceux avec qui les silences ont autant de sens que les paroles.

Et toi, c’est quoi ton bruit de fond?

Paolo,